Femmes élues locales : de la conquête du mandat à la conquête du pouvoir d’agir
Kenya : Mumbi Ndung’u, un parcours consacré à former les jeunes talents africains dans le numérique
Ouganda : Brenda Katwesigye Baganzi, une innovatrice au service de la santé oculaire en Afrique
Nigéria : Maya Horgan Famodu, l’entrepreneure qui investit dans la tech africaine
À l’heure où les compétences numériques sont devenues essentielles pour accéder aux opportunités professionnelles, Winnie Gathu a fait de l’inclusion des jeunes femmes dans le secteur technologique son cheval de bataille. Militante kenyane engagée pour les droits des femmes et de la jeunesse, entrepreneuse dans le domaine des technologies, elle est la fondatrice du Girl Code Movement, une initiative qui accompagne les adolescentes et les jeunes femmes dans leur développement personnel et professionnel.
À travers la formation aux outils numériques, le mentorat, l’entrepreneuriat et le renforcement de la confiance en soi, elle œuvre à donner aux jeunes femmes les moyens de construire leur avenir et de contribuer au développement de leurs communautés.
L’engagement de Winnie Gathu prend racine dans une expérience vécue à l’âge de 24 ans. Alors qu’elle effectuait du bénévolat dans un centre éducatif local, elle rencontre des jeunes animés par de grandes ambitions, déterminés à réussir malgré les difficultés. Pourtant, derrière leur motivation et leur résilience, elle découvre un obstacle majeur : le manque d’accès aux compétences en technologie, en innovation et en entrepreneuriat.
Cette expérience marque un tournant dans son parcours. Elle prend alors conscience de l’importance de donner aux jeunes, et particulièrement aux filles, les outils nécessaires pour saisir les opportunités offertes par le numérique.
Elle décide de passer à l’action et de contribuer à réduire le fossé numérique. Portée par sa passion pour la technologie et sa volonté d’offrir de nouvelles perspectives aux jeunes femmes, elle fonde le Girl Code Movement.
À ses débuts, l’initiative se résume à un petit espace communautaire, doté d’une seule table et de quelques ordinateurs. Au fil du temps, elle prend de l’ampleur et devient un véritable programme d’accompagnement des adolescentes et des jeunes femmes au Kenya.
Initialement conçu comme un programme de mentorat destiné aux adolescentes, Girl Code Movement élargit progressivement ses activités. L’organisation propose désormais des formations aux compétences numériques et accompagne ses bénéficiaires dans la découverte de perspectives professionnelles et entrepreneuriales.
À travers des programmes structurés axés notamment sur la fabrication numérique, la technologie civique et le design thinking, les participantes développent leurs compétences techniques et leur capacité à résoudre des problèmes. Au-delà de l’apprentissage, ces formations les encouragent à concevoir des solutions innovantes aux défis rencontrés dans leurs communautés, faisant ainsi du numérique un véritable levier d’émancipation et d’engagement citoyen.
Depuis sa création, l’initiative n’a cessé d’étendre son influence. Elle a déjà contribué à l’autonomisation de plus de 2 000 femmes au sein de plus de 25 communautés, en accordant une attention particulière aux populations.
Titulaire d’une licence en sciences de l’éducation de l’Université Kenyatta, elle poursuit actuellement une formation en programmation informatique auprès d’Adeso Africa. Depuis 2024, elle occupe également le poste de responsable des opérations au sein de The Mesh Global. À ce titre, elle supervise la planification, la mise en œuvre et la coordination des principales activités de l’organisation au Kenya, au Royaume-Uni et à Harare, au Zimbabwe.