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Tanzanie : Dambisa Moyo, l’économiste qui dénonce « l’aide fatale » à l’Afrique


Intelligente, charismatique et tenace, Dambisa Moyo est une économiste, conférencière et auteure tanzanienne à la parole franche, directe et percutante. Très familière des milieux financiers internationaux, elle est surtout connue pour ses positions défavorables à l’aide étrangère occidentale aux pays africains à travers son ouvrage «l’aide fatale » (2009) et qui lui ont attiré les critiques acerbes des plus grands donateurs du monde et de certains chefs d’Etat africains.

Du haut de ses 50 ans, Dambisa Moyo compte parmi les rares femmes économistes africaines. Spécialisée en macro-économie, relations internationales, elle milite surtout pour une liberté « financière » des pays en développement, dans les plus grands fora économiques, les médias célèbres tels que le New York Times, le Financial Times, Wall Street Journal ou encore les Ted talks.

Dambisa Moyo nait en Tanzanie en 1969, à une époque où l’Apartheid sévit encore. Elle est considérée comme une non-personne et n’a pas d’acte de naissance, comme c’est le cas pour toutes les personnes de couleur noire de l’époque, en Afrique du Sud. Toutefois, elle a le privilège d’avoir des parents intellectuels. Son père évolue dans le milieu académique et l’administration publique et sa mère, dirige une banque. Ce qui lui permet de découvrir l’importance des études.

De la chimie aux finances

Fin des années 80, elle entame ses études supérieures à l’université de Lusaka où elle opte pour la Chimie. En 1991, la Tanzanie connaît une instabilité politique, elle s’en va aux Etats-Unis où elle poursuit ses études en chimie, avant de se convertir à la finance en faisant une maitrise en administration des affaires à l’Université Américaine de Washington DC. Ce qui lui ouvre les portes des plus grands milieux financiers internationaux, notamment la Banque Mondiale où elle travaille en tant que consultante de 1995 à 1997. Elle reprend ses études, obtient une maitrise en administration publique à l’Université de Harvard et est recrutée par la banque d’investissement américaine Goldman Sachs. Elle y travaille, notamment en tant que directrice de la stratégie pour l’Afrique subsaharienne et conseille les pays en voie de développement sur l’émission d’obligations sur le marché international. En 2002, elle soutient son doctorat sur les taux d’épargne dans les pays en développement à l’Université d’Oxford.

Une opposante à l’aide internationale aux pays africains

Après avoir travaillé pendant des années au sein de Goldman Sachs, elle quitte la firme en 2008, peu avant la publication de son ouvrage en 2009, intitulé « l’aide fatale ». Ce premier livre la fait connaître. Elle y dénonce l’assistance économique aux pays africains, qu’elle qualifie de désastre politique, économique et humanitaire et qui maintient l’économie de ces pays dans la paralysie. Pour elle, l’aide au développement pour l’Afrique ne fonctionne pas et ne responsabilise pas les gouvernements africains, ce qui paralyse leurs populations. Si l’ouvrage intéresse plusieurs leaders africains, il est aussi critiqué ouvertement par plusieurs donateurs, comme Bill Gates dont la fondation est très impliquée dans l’aide internationale en Afrique. « Rejeter les arguments que je soulève à une époque où j’ai constaté la réussite économique de transformation des pays tels que la Chine, le Brésil et l’Inde, dévalorise mes expériences, celles de centaines de millions d’Africains et d’autres à travers le monde qui, jour après jour, subissent les conséquences du système d’aide », lui répondra-t-elle sur son site internet.

Dambisa Moyo est l’auteure de deux autres ouvrages : « Vainqueur du concours: la course aux ressources de la Chine et ce que cela signifie pour le monde » (2012) et « Comment l’Occident a été perdu: cinquante ans de folie économique – et les choix difficiles qui nous attendent » (2011).

En 2009, le New York Times l’a citée parmi les 100 personnes les plus influentes dans le monde et le Forum économique mondiale l’a classée parmi les Jeunes leaders du monde.