{"id":4126,"date":"2024-04-25T13:40:51","date_gmt":"2024-04-25T11:40:51","guid":{"rendered":"http:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/?p=4126"},"modified":"2024-04-25T13:40:51","modified_gmt":"2024-04-25T11:40:51","slug":"sarah-macharia-la-kenyane-a-la-tete-du-global-media-monitoring-project","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/2024\/04\/sarah-macharia-la-kenyane-a-la-tete-du-global-media-monitoring-project\/","title":{"rendered":"Sarah Macharia, la Kenyane \u00e0 la t\u00eate du \u201cGlobal Media Monitoring Project\u201d"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4127 aligncenter\" src=\"http:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/MACHARIA-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/MACHARIA-300x300.jpg 300w, https:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/MACHARIA-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/MACHARIA-150x150.jpg 150w, https:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/MACHARIA-768x768.jpg 768w, https:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/MACHARIA.jpg 1080w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p><strong>Sarah Macharia dirige depuis dix-sept ans le Global Media Monitoring Project (GMMP), la seule \u00e9tude mondiale sur l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des genres dans les m\u00e9dias. La Kenyane est aussi secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;Alliance mondiale sur les m\u00e9dias et le genre (GAMAG), qui coordonne les efforts visant \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer la mise en oeuvre de la section J de la D\u00e9claration et du Programme d&rsquo;action de P\u00e9kin ax\u00e9e sur les femmes et les m\u00e9dias.<\/strong><\/p>\n<p>Avant la promotion des droits des femmes, Sarah Macharia aspirait \u00e0 une carri\u00e8re de traductrice et d&rsquo;interpr\u00e8te fran\u00e7ais-anglais. Mais sa vie a pris une toute autre tournure. Apr\u00e8s une ann\u00e9e d\u2019\u00e9tudes en France et de travail comme fille au pair, elle int\u00e8gre les organisations f\u00e9ministes, gr\u00e2ce \u00e0 une opportunit\u00e9 au sein de FEMNET, le r\u00e9seau de d\u00e9veloppement et de communication des femmes africaines. Depuis, elle poursuit son engagement et est pass\u00e9e de la soci\u00e9t\u00e9 civile \u00e0 des postes au sein d&rsquo;organisations panafricaines et intergouvernementales, dont la Commission Economique pour l&rsquo;Afrique, ainsi que dans des organisations internationales.<\/p>\n<p>Depuis 2007, elle est responsable du GMMP, une enqu\u00eate initi\u00e9e lors d\u2019une conf\u00e9rence organis\u00e9e pour les femmes communicatrices par trois organisations internationales, notamment l\u2019Association mondiale de communication chr\u00e9tienne (WACC), l\u2019International Women\u2019s Tribune Center et ISIS-Manille. C\u2019est en 1995, lors de la conf\u00e9rence de P\u00e9kin, que l&rsquo;approche d&rsquo;enqu\u00eate consistant \u00e0 monitorer les m\u00e9dias est reconnue comme moyen de promotion de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des genres. Aujourd&rsquo;hui, en tant que r\u00e9seau mondial couvrant plus de 100 pays, le GMMP publie tous les cinq ans ses rapports \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, r\u00e9gionale et nationale pour permettre aux pays de mesurer et d\u2019\u00e9valuer les progr\u00e8s accomplis par leurs m\u00e9dias dans la r\u00e9alisation de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des genres. Son dernier rapport de 2020 a port\u00e9 sur plus de 30 000 contenus d\u2019actualit\u00e9 \u00e0 travers le monde. <em>\u201cLe GMMP monitore les m\u00e9dias d&rsquo;information, notamment en ce qui concerne le genre, et analyse les mod\u00e8les et tendances li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;inclusion des femmes en tant que voix, sujets, sources d&rsquo;information, ainsi que leurs r\u00f4les au sein des r\u00e9dactions, en effectuant des comparaisons dans le temps et entre les diff\u00e9rentes zones g\u00e9ographiques\u00a0\u00bb<\/em>, declare-t-elle.<\/p>\n<p>Depuis Nairobi, o\u00f9 elle est retourn\u00e9e en 2019 apr\u00e8s 18 ans pass\u00e9s au Canada, elle pilote le GMMP, de la mobilisation d&rsquo;\u00e9quipes dans plus de 100 pays, \u00e0 la direction du groupe en charge de la mise \u00e0 jour de la m\u00e9thodologie, la formation des \u00e9quipes pour comprendre et appliquer uniform\u00e9ment la m\u00e9thodologie, la collecte et l&rsquo;analyse des donn\u00e9es, jusqu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9daction du rapport mondial. Mais pour Sarah Macharia, <em>\u00able GMMP est plus qu&rsquo;un simple processus de collecte de donn\u00e9es. Il s\u2019agit de d\u00e9velopper des comp\u00e9tences essentielles en mati\u00e8re d\u2019\u00e9ducation aux m\u00e9dias \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. C&rsquo;est un mouvement social transnational en faveur de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des genres\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><strong>Au commencement, la conf\u00e9rence de P\u00e9kin de 1995<\/strong><\/p>\n<p>De Nairobi \u00e0 Toronto en passant par Paris et Addis-Abeba, de l&rsquo;\u00e9ducation \u00e0 la promotion des droits des femmes, le parcours de Macharia a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par une s\u00e9rie de changements qui ont tous renforc\u00e9 son engagement en faveur de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des genres. En parlant des d\u00e9buts de sa carri\u00e8re, ses souvenirs la ram\u00e8nent \u00e0 la conf\u00e9rence de P\u00e9kin de 1995, qui a marqu\u00e9 un tournant d\u00e9cisif dans l&rsquo;agenda mondial pour l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 femme-homme. <em>\u00ab \u00c0 cette \u00e9poque, je venais de rejoindre FEMNET, une ONG panafricaine de femmes qui abritait alors le secr\u00e9tariat charg\u00e9 de convoquer le forum des ONG africaines \u00e0 Dakar, une r\u00e9union pr\u00e9paratoire visant \u00e0 \u00e9laborer un plan d&rsquo;action commun que l&rsquo;Afrique pr\u00e9senterait \u00e0 la conf\u00e9rence de P\u00e9kin. C&rsquo;est l\u00e0 que ma carri\u00e8re a vraiment d\u00e9marr\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>, confie-t-elle \u00e0 Africa Women Experts. Elle rejoint ensuite l&rsquo;ancien Centre africain pour les femmes, devenu aujourd&rsquo;hui le Centre africain pour le genre et le d\u00e9veloppement, une division de la Commission \u00e9conomique pour l&rsquo;Afrique (CEA), \u00e0 Addis-Abeba, o\u00f9 elle travaille entre autres sur le suivi de la conf\u00e9rence de P\u00e9kin, notamment son bilan quinquennal.<\/p>\n<p>Elle retourne ensuite \u00e0 Nairobi o\u00f9 elle exerce comme consultante au sein du programme de la Banque mondiale pour l&rsquo;eau et l&rsquo;assainissement. Gr\u00e2ce aux conseils de son superviseur de l&rsquo;\u00e9poque, elle d\u00e9cide de poursuivre des \u00e9tudes sup\u00e9rieures en sciences politiques, n\u2019ayant \u00e0 l\u2019\u00e9poque qu&rsquo;une licence en \u00e9ducation. <em>\u00ab Mon sup\u00e9rieur m&rsquo;a conseill\u00e9 d&rsquo;\u00e9tudier les sciences politiques parce que le genre, c&rsquo;est de la politique. J&rsquo;ai donc commenc\u00e9 \u00e0 chercher des universit\u00e9s proposant des programmes de sciences politiques ax\u00e9s sur les femmes et j&rsquo;en ai trouv\u00e9 une au Canada\u00a0\u00bb<\/em>, raconte-t-elle. Elle r\u00e9ussit \u00e0 immigrer au Canada en 2001 et finance ses \u00e9tudes gr\u00e2ce \u00e0 ses \u00e9conomies et des postes d&rsquo;assistante \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9. En 2002, elle obtient sa ma\u00eetrise et son doctorat en 2008.<\/p>\n<p><strong>Promotrice du r\u00f4le des m\u00e9dias dans l\u2019\u00e9galit\u00e9 des genres<\/strong><\/p>\n<p>Pendant qu\u2019elle r\u00e9dige sa th\u00e8se, elle postule en 2007 au WACC pour un poste de responsable de programme genre. <em>\u00ab Depuis mon enfance, l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des genres a toujours \u00e9t\u00e9 un sujet qui me pr\u00e9occupe. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e par la fa\u00e7on dont ma m\u00e8re d\u00e9fendait l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des chances pour moi, pour les femmes du cercle familial et pour elle-m\u00eame. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 naturellement attir\u00e9e par l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre les hommes et les femmes et lorsque le poste a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9, j&rsquo;ai soumis ma candidature. Tout travail en lien avec ce domaine me convenait. A l\u2019\u00e9poque, la question des m\u00e9dias et de la communication ne faisait pas partie de mes pr\u00e9occupations \u00ab\u00a0<\/em>, explique-t-elle.<\/p>\n<p>Alors qu&rsquo;elle occupe ce poste, elle est pr\u00e9occup\u00e9e par les statistiques concernant l&rsquo;\u00e9cart entre les hommes et les femmes dans les m\u00e9dias et se penche sur la question. <em>\u00ab Au d\u00e9part, j\u2019\u00e9tais concentr\u00e9e sur la recherche, puis j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 m&rsquo;inqui\u00e9ter lorsque j&rsquo;ai vu les chiffres. Les personnes qui participent au GMMP le font sous diff\u00e9rents angles. La plupart s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de genre, d&rsquo;autres aux m\u00e9dias et d&rsquo;autres encore sont des chercheurs universitaires curieux. Lorsque nous sommes confront\u00e9s aux donn\u00e9es, nous prenons collectivement conscience des sch\u00e9mas, des tendances et du fait que quelque chose doit changer\u00a0\u00bb,<\/em> souligne-t-elle.<\/p>\n<p>En un quart de si\u00e8cle, confie-t-elle, la proportion de femmes dans les m\u00e9dias en tant que sources d&rsquo;information est pass\u00e9e de 17 % en 1995 \u00e0 25 % en 2020. <em>\u00ab Nos r\u00e9sultats montrent qu&rsquo;il y a un changement, mais il est tr\u00e8s lent. C&rsquo;est l&rsquo;une des raisons pour lesquelles les r\u00e9pertoires d&rsquo;expertes sont n\u00e9cessaires. Le changement prend du temps, surtout lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de relations de pouvoir\u00a0\u00bb<\/em>, explique-t-elle. Selon elle, l&rsquo;une des causes de cette lenteur est le manque d&rsquo;attention politique et financi\u00e8re accord\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des genres et aux m\u00e9dias. <em>\u00ab On accorde plus d&rsquo;attention aux interventions techniques telles que l&rsquo;am\u00e9lioration de l&rsquo;acc\u00e8s des femmes aux soins de sant\u00e9 ou la r\u00e9duction de l&rsquo;\u00e9cart entre les sexes dans le domaine de l&rsquo;\u00e9ducation. Ce n&rsquo;est pas le cas pour la question des m\u00e9dias qui traite des facteurs normatifs, structurels ou moins tangibles qui sous-tendent la discrimination \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des femmes et des filles. Il est essentiel de reconna\u00eetre que les m\u00e9dias sont au c\u0153ur de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre les femmes et les hommes. Il est important de comprendre que les m\u00e9dias fa\u00e7onnent la mani\u00e8re dont nous \u00e9voluons dans le monde en tant qu&rsquo;\u00eatres sexu\u00e9s et qu&rsquo;ils sont un facteur de socialisation des enfants<\/em>\u00ab\u00a0, confie-t-elle. C&rsquo;est d\u2019ailleurs pourquoi elle se sert toujours des conclusions du GMMP pour attirer l\u2019attention sur le r\u00f4le des m\u00e9dias dans la promotion de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de genre, comme en mars dernier \u00e0 la Commission de la condition de la femme des Nations unies, o\u00f9 elle a particip\u00e9 en tant que pan\u00e9liste \u00e0 une session sur le r\u00f4le des m\u00e9dias dans la lutte contre les st\u00e9r\u00e9otypes de genre.<\/p>\n<p>Alors qu&rsquo;elle travaille actuellement sur le prochain GMMP qui sera publi\u00e9 en 2025, Sarah Macharia esp\u00e8re que davantage de pays participeront \u00e0 l&rsquo;enqu\u00eate, que le r\u00f4le des m\u00e9dias dans l&rsquo;\u00e9volution des relations des sexes sera mieux reconnu et que plus de fonds seront consacr\u00e9s \u00e0 faire progresser l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de genre dans et \u00e0 travers les m\u00e9dias dans le monde entier.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Danielle France Engolo<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sarah Macharia dirige depuis dix-sept ans le Global Media Monitoring Project (GMMP), la seule \u00e9tude mondiale sur l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des genres dans les m\u00e9dias. 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