{"id":4829,"date":"2026-05-08T18:40:13","date_gmt":"2026-05-08T16:40:13","guid":{"rendered":"http:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/?p=4829"},"modified":"2026-05-08T18:40:13","modified_gmt":"2026-05-08T16:40:13","slug":"ghana-aline-mwintome-naawa-accompagne-les-agricultrices-pour-faire-face-aux-risques-climatiques","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/2026\/05\/ghana-aline-mwintome-naawa-accompagne-les-agricultrices-pour-faire-face-aux-risques-climatiques\/","title":{"rendered":"Ghana : Aline Mwintome Naawa accompagne les agricultrices pour faire face aux risques climatiques  \u00a0"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4830 aligncenter\" src=\"http:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/05\/IMG-20260101-WA0047-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"511\" height=\"340\" srcset=\"http:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/05\/IMG-20260101-WA0047-300x200.jpg 300w, http:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/05\/IMG-20260101-WA0047-1024x681.jpg 1024w, http:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/05\/IMG-20260101-WA0047-768x511.jpg 768w, http:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/05\/IMG-20260101-WA0047-1536x1022.jpg 1536w, http:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/05\/IMG-20260101-WA0047-2048x1362.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 511px) 100vw, 511px\" \/><\/p>\n<p><strong>Dans le nord du Ghana, une r\u00e9gion durement touch\u00e9e par les effets du changement climatique (s\u00e9cheresse, feux de for\u00eat, d\u00e9gradation des sols&#8230;), Aline Mwintome Naawa travaille aux c\u00f4t\u00e9s de petites agricultrices pour les aider \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 ces effets ou \u00e0 les att\u00e9nuer. Conseill\u00e8re technique \u00e0 la GIZ Ghana, cette chercheuse sp\u00e9cialis\u00e9e dans le changement climatique et la gestion des risques de catastrophe accompagne les agricultrices au Ghana, en les formant aux pratiques agricoles intelligentes et en les sensibilisant \u00e0 la pr\u00e9vention et la gestion des risques de catastrophe li\u00e9s au climat.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>Entre travail de terrain, recherches sur le changement climatique et la gestion des risques de catastrophe, et efforts pour influencer les politiques, Aline Mwintome Naawa est engag\u00e9e sur tous les fronts pour aider les agricultrices de son pays \u00e0 s&rsquo;adapter au changement climatique et \u00e0 en att\u00e9nuer les effets. Elle \u0153uvre depuis pr\u00e8s d&rsquo;une d\u00e9cennie pour relever sur le terrain les d\u00e9fis pos\u00e9s par le changement climatique. En 2025, elle a obtenu un doctorat en changement climatique et gestion des risques de catastrophe \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lom\u00e9, en partenariat avec l\u2019Universit\u00e9 des Nations Unies, dans le cadre du programme WASCAL, une bourse enti\u00e8rement financ\u00e9e par le minist\u00e8re f\u00e9d\u00e9ral allemand de l\u2019\u00c9ducation et de la Recherche. Mais, son int\u00e9r\u00eat pour l\u2019agriculture remonte plus t\u00f4t, \u00e0 son enfance. <em>\u00ab Les feux de for\u00eat, qui constituent mon domaine d\u2019expertise, font partie du quotidien dans le nord du Ghana, o\u00f9 ils se produisent fr\u00e9quemment, \u00e0 chaque saison. Ayant grandi dans le nord du Ghana, j\u2019ai pris conscience que le changement climatique n\u2019est pas vraiment un concept abstrait. Cela se manifeste dans de nombreux aspects de la vie quotidienne, notamment en mati\u00e8re de production, de r\u00e9coltes et de transformation\u00bb<\/em>, a-t-elle d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 Africa Women Experts.<\/p>\n<p>Pour relever ces d\u00e9fis, elle a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019adopter une approche sensible au genre, en prenant en consid\u00e9ration la marginalisation \u00e0 laquelle font face les femmes en mati\u00e8re d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la terre. <em>\u00ab Quand on voit ces femmes \u2013 \u00e0 qui le syst\u00e8me traditionnel refuse le droit de poss\u00e9der des terres \u2013 se battre avec tant d\u2019ardeur et pourtant \u00eatre incapables de produire suffisamment pour acheter de quoi se nourrir l\u2019ann\u00e9e suivante \u00e0 cause du changement climatique, c\u2019est d\u00e9chirant. C\u2019est pourquoi je me suis dit : \u201cJe vais m\u2019impliquer dans ce secteur pour voir comment je peux aider ces femmes et faire bouger les choses\u201d \u00bb,<\/em> confie-t-elle.<\/p>\n<p><strong>Du secteur de l\u2019eau, l\u2019assainissement et l\u2019hygi\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;agriculture <\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est dans le secteur de l\u2019eau, l\u2019assainissement et l\u2019hygi\u00e8ne qu\u2019elle d\u00e9bute sa carri\u00e8re, en occupant des postes de superviseure d\u2019op\u00e9rations chez ONU-Habitat au Ghana et de responsable des syst\u00e8mes \u00e0 la Community Water and Sanitation Agency (CSWA), juste apr\u00e8s l\u2019obtention d\u2019une licence et d\u2019un master en gestion de l&rsquo;environnement et des ressources \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 des \u00e9tudes de d\u00e9veloppement du Ghana. Mais, \u00e0 partir de 2017, elle choisit de s\u2019orienter vers l&rsquo;environnement, l&rsquo;agriculture et le changement climatique. Elle rejoint tout d\u2019abord GOPA AFC\/GIZ en tant qu\u2019experte en mobilisation communautaire, puis le Programme de d\u00e9veloppement rural int\u00e9gr\u00e9 du doyenn\u00e9 de Tumu (TUDRIDEP) en 2022 en tant que coordinatrice de projet, avant d\u2019int\u00e9grer la GIZ Ghana en 2025 en tant que conseill\u00e8re technique. <em>\u00ab J\u2019ai pass\u00e9 une partie de ma carri\u00e8re \u00e0 travailler dans le secteur de l\u2019eau, l\u2019assainissement et l\u2019hygi\u00e8ne, puis je me suis enti\u00e8rement tourn\u00e9e vers l\u2019agriculture. Ce n\u2019\u00e9tait pas intentionnel. Je cherchais simplement \u00e0 mesurer l\u2019impact d\u2019un point de vue plus large. Le secteur de l\u2019eau, l\u2019assainissement et l\u2019hygi\u00e8ne est formidable, mais je pense que je me suis tourn\u00e9e vers l\u2019agriculture parce que j\u2019ai grandi dans une communaut\u00e9 agricole. J\u2019avais le sentiment de pouvoir apporter une contribution plus importante \u00e0 ce secteur \u00bb,<\/em> explique-t-elle.<\/p>\n<p>Sp\u00e9cialiste en gestion des risques de catastrophe, elle aide les communaut\u00e9s \u00e0 s\u2019adapter aux d\u00e9fis pos\u00e9s par le changement climatique ou \u00e0 en att\u00e9nuer les effets, notamment les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la fertilit\u00e9 des sols, les feux de brousse qui r\u00e9duisent en cendres les r\u00e9sidus de culture cens\u00e9s enrichir le sol en nutriments , et les violents vents de l\u2019harmattan qui balayent tout sur leur passage. <em>\u00ab On parle de catastrophe lorsqu\u2019il y a un impact concret sur l\u2019humanit\u00e9 ou l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me. Si un incendie d\u00e9truit les produits agricoles, les moyens de subsistance des populations seront affect\u00e9s. Il s\u2019agit donc d\u2019une catastrophe \u00bb,<\/em> d\u00e9clare-t-elle.<\/p>\n<p>En tant que conseill\u00e8re technique \u00e0 la GIZ Ghana, Aline et son \u00e9quipe forment les agriculteurs aux pratiques agricoles adapt\u00e9es au changement climatique et les encouragent \u00e0 abandonner les techniques agricoles intensives et de perturbation des sols, en leur fournissant des semences am\u00e9lior\u00e9es et certifi\u00e9es pour leur permettre d\u2019augmenter leurs rendements. Ils organisent \u00e9galement des campagnes de gestion des feux de brousse ou des incendies de for\u00eat, afin de sensibiliser la population aux pratiques de br\u00fblage sans danger. <em>\u00ab Les feux de brousse peuvent aussi \u00eatre une source de survie pour les \u00e9cosyst\u00e8mes de savane. Tout d\u00e9pend de la mani\u00e8re dont ils sont utilis\u00e9s ou g\u00e9r\u00e9s. Nous formons ces femmes \u00e0 minimiser efficacement les risques ou \u00e0 contr\u00f4ler les feux, afin qu\u2019ils ne se propagent pas et ne provoquent pas de catastrophes \u00bb<\/em>, explique-t-elle.<\/p>\n<p>De plus, ils mettent en place des s\u00e9ances d&rsquo;information m\u00e9t\u00e9orologique pour avertir les agricultrices des catastrophes pr\u00e9vues, ainsi que leur indiquer le moment id\u00e9al pour semer afin d&rsquo;optimiser leurs r\u00e9coltes. <em>\u00ab Beaucoup d\u2019agricultrices retardent leurs semis, et lorsqu\u2019elles s\u2019y mettent enfin, la saison est d\u00e9j\u00e0 bien avanc\u00e9e et ils perdent tout. Nous mettons donc \u00e0 profit toutes ces discussions sur la m\u00e9t\u00e9o pour essayer de trouver comment les aider\u00bb,<\/em> d\u00e9clare-t-elle. Ils soutiennent en outre les agricultrices dans leurs efforts de plantation d\u2019arbres en leur enseignant des pratiques efficaces de gestion des sols et des techniques agricoles adapt\u00e9es \u00e0 la saison s\u00e8che, afin qu\u2019elles apprennent \u00e0 retenir l\u2019humidit\u00e9 et \u00e0 faire face aux conditions climatiques difficiles.<\/p>\n<p>Outre son travail sur le terrain, elle s\u2019engage aussi \u00e0 influencer les politiques en collaborant avec les conseils municipaux pour les aider \u00e0 prendre des mesures visant \u00e0 att\u00e9nuer certains des effets concrets du changement climatique.<\/p>\n<p><strong>Impact sur les agricultrices et les communaut\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Dans plusieurs communaut\u00e9s, ses efforts commencent \u00e0 porter leurs fruits. Une quinzaine de potagers ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9s dans certaines zones, indique-t-elle. Chaque potager peut accueillir 3 \u00e0 4 groupes de femmes, comptant environ 30 membres par groupe, soit 120 b\u00e9n\u00e9ficiaires au total. <em>\u00ab <\/em><em>M\u00eame si l\u2019espace est limit\u00e9, elles sont heureuses de pouvoir le cultiver. Elles am\u00e9nagent de petites parcelles o\u00f9 elles produisent des l\u00e9gumes gr\u00e2ce \u00e0 un acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau pour l\u2019irrigation. Cela leur permet de gagner de l\u2019argent. Elles sont tr\u00e8s enthousiastes face \u00e0 ce projet \u00bb<\/em>, explique-t-elle.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la production, les start-ups b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un accompagnement et d\u2019une formation pour apprendre \u00e0 transformer les mati\u00e8res premi\u00e8res agricoles en produits pr\u00eats \u00e0 \u00eatre commercialis\u00e9s. Il peut s\u2019agir de transformer le soja en produits alimentaires destin\u00e9s aux m\u00e9nages, d\u2019am\u00e9liorer l\u2019emballage ou encore de cr\u00e9er davantage de valeur ajout\u00e9e pour la vente. <em>\u00ab Nous les encourageons \u00e0 ne pas se contenter de cultiver sans rel\u00e2che. De temps \u00e0 autre, elles peuvent laisser la terre en jach\u00e8re, se consacrer \u00e0 des activit\u00e9s de transformation, g\u00e9n\u00e9rer des revenus, puis reprendre l\u2019agriculture \u00bb<\/em>, d\u00e9clare-t-elle.<\/p>\n<p>Les femmes sont \u00e9galement mises en relation avec des institutions financi\u00e8res, ce qui contribue ainsi \u00e0 lever l\u2019un des principaux frein du secteur : l\u2019acc\u00e8s limit\u00e9 au financement. Cette d\u00e9marche permet \u00e0 beaucoup d\u2019entre elles d\u2019obtenir des microcr\u00e9dits pour d\u00e9velopper leurs activit\u00e9s.<\/p>\n<p>Ce soutien comprend aussi le renforcement des capacit\u00e9s, la fourniture de mat\u00e9riel et la mise en place de programmes d&rsquo;\u00e9pargne communautaires, ajoute-t-elle. Les femmes sont encourag\u00e9es \u00e0 \u00e9pargner r\u00e9guli\u00e8rement, \u00e0 l\u2019aide de tirelires et de carnets de suivi fournis par l\u2019organisation. Ces fonds ont permis \u00e0 plusieurs d\u2019avoir un revenu stable et d\u2019acheter des intrants agricoles tels que des semences am\u00e9lior\u00e9es et des engrais. <em>\u00ab Ce que nous observons dans les communaut\u00e9s est encourageant. Les femmes sont heureuses. Elles sourient. Le soutien qu\u2019elles ont re\u00e7u peut sembler insignifiant, mais il fait une r\u00e9elle diff\u00e9rence \u00bb<\/em>, a-t-elle ajout\u00e9.<\/p>\n<p>En plus des agricultrices, Aline s\u2019engage \u00e9galement en faveur des jeunes femmes qui se lancent dans l\u2019entrepreneuriat et la recherche agricole. Elle accompagne les jeunes chercheuses et les fondatrices de start-ups par le biais du mentorat. <em>\u00ab Parfois, dans la communaut\u00e9, on rencontre une jeune femme brillante qui a juste besoin d\u2019un petit coup de pouce. Je n\u2019ai peut-\u00eatre pas les moyens financiers de l\u2019aider, mais je peux lui offrir mon soutien gr\u00e2ce \u00e0 mes modestes connaissances \u00bb<\/em>, explique-t-elle. Gr\u00e2ce \u00e0 une plateforme, elle leur partage des opportunit\u00e9s, les encourage \u00e0 postuler \u00e0 des subventions et les aide \u00e0 peaufiner leurs projets.<\/p>\n<p><strong>Atteindre les instances d\u00e9cisionnaires pour plus d\u2019impact<\/strong><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les difficult\u00e9s auxquelles elle a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e, entre autres le manque de financement et la non application au niveau politique de ses recommandations suite aux r\u00e9sultats de ses recherches, Aline continue de naviguer entre le travail de terrain et la recherche. Elle m\u00e8ne actuellement une \u00e9tude sur le changement climatique et la sant\u00e9 au Togo. Elle examine, notamment l\u2019impact du changement climatique sur la sant\u00e9 dans certaines r\u00e9gions du pays.<\/p>\n<p>Elle esp\u00e8re \u00e9galement obtenir une bourse postdoctorale qui lui permettrait d&rsquo;\u00e9tudier l&rsquo;assurance contre les feux de for\u00eat. <em>\u00ab Si je ne parviens pas \u00e0 mettre au point un outil de surveillance pour pr\u00e9venir les feux de for\u00eat, comme je l\u2019ai sugg\u00e9r\u00e9 aux institutions dans les conclusions de mes recherches, j\u2019aimerais explorer comment les communaut\u00e9s peuvent tirer profit des d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par ces incendies. C\u2019est ce qu\u2019on appelle l\u2019assurance contre les feux de for\u00eat. Elle n\u2019est pas tr\u00e8s r\u00e9pandue en Afrique. Elle est utilis\u00e9e dans certaines r\u00e9gions pour les glissements de terrain et les tsunamis \u00bb,<\/em> explique \u2013t-elle.<\/p>\n<p>Mais l&rsquo;ambition ultime d&rsquo;Aline aujourd&rsquo;hui est de passer du stade de mise en \u0153uvre \u00e0 celui de la prise de d\u00e9cision, pour faire entendre sa voix et mettre en \u0153uvre ses id\u00e9es afin de g\u00e9rer efficacement et concr\u00e8tement les risques de catastrophe \u00e0 plus grande \u00e9chelle et d&rsquo;en limiter l&rsquo;impact sur les communaut\u00e9s et l&rsquo;environnement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Danielle France Engolo<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le nord du Ghana, une r\u00e9gion durement touch\u00e9e par les effets du changement climatique (s\u00e9cheresse, feux de for\u00eat, d\u00e9gradation des sols&#8230;), Aline Mwintome Naawa travaille aux c\u00f4t\u00e9s de petites agricultrices pour les aider \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 ces effets ou \u00e0 les att\u00e9nuer. 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