{"id":3038,"date":"2022-03-14T16:24:59","date_gmt":"2022-03-14T15:24:59","guid":{"rendered":"http:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/?p=3038"},"modified":"2022-03-14T16:27:04","modified_gmt":"2022-03-14T15:27:04","slug":"en-rdc-dorcas-mumbembe-fabrique-des-sacs-en-papiers-a-base-de-fibres-de-bananiers","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/2022\/03\/en-rdc-dorcas-mumbembe-fabrique-des-sacs-en-papiers-a-base-de-fibres-de-bananiers\/","title":{"rendered":"En RDC, Dorcas Mumbembe fabrique des sacs en papiers \u00e0 base de fibres de bananiers"},"content":{"rendered":"<p><strong>Cr\u00e9ative, innovante, Dorcas Mumbembe fabrique des emballages papiers \u00e0 partir de fibres de bananiers. En 2020, la jeune Congolaise a fond\u00e9 Eco Plus, class\u00e9e parmi les 15 meilleures start-ups au monde qui participent au Programme Circular Economy en Allemagne. La start-up compte aujourd\u2019hui parmi ses clients en RDC de grands groupes comme Bollor\u00e9, Total\u2026<\/strong><\/p>\n<p>En deux ans d\u2019existence, Eco Plus a particip\u00e9 \u00e0 plus de 15 concours et comp\u00e9titions d\u2019entreprenariat en Afrique. Il a d\u00e9croch\u00e9 plusieurs prix et subventions en RDC, en Afrique et dans le monde. En 2021, la jeune start-up congolaise a vendu plus de 20 000 sacs papiers sur le march\u00e9 congolais. Une v\u00e9ritable r\u00e9ussite pour la jeune cheffe d\u2019entreprise de 23 ans, qui compte d\u2019ailleurs breveter son id\u00e9e cette ann\u00e9e au niveau international.<\/p>\n<p>Des sacs en papiers \u00e0 base de fibres de bananiers\u00a0? L\u2019id\u00e9e pourrait para\u00eetre tr\u00e8s surprenante, mais Dorcas Mumbembe en a fait l\u2019alternative id\u00e9ale \u00e0 la p\u00e2te de bois avec laquelle est fabriqu\u00e9 le papier Kraft. Contrairement au bois, celle-ci est plus \u00e9cologique et ne contribue pas \u00e0 la d\u00e9forestation et au changement climatique.<\/p>\n<p>C\u2019est suite \u00e0 une frustration que lui vient l\u2019id\u00e9e de fabriquer des sacs \u00e0 base de fibre de bananiers, nous raconte-t-elle, enthousiaste. Alors qu\u2019elle est \u00e9tudiante, elle livre des l\u00e9gumes \u00e0 domicile pour subvenir \u00e0 ses besoins. Mais un jour, une cliente lui retourne sa marchandise, estimant que ses l\u00e9gumes sont de mauvaise qualit\u00e9. <em>\u00ab\u00a0Je livrais mes l\u00e9gumes avec des sachets plastiques. Certains l\u00e9gumes, surtout les tomates fanaient en raison de la chaleur que d\u00e9gage le sachet. Quand je suis rentr\u00e9e \u00e0 la maison, j\u2019ai dit \u00e0 ma m\u00e8re que je ne comprenais pas ce qui \u00e9tait arriv\u00e9 aux l\u00e9gumes. C\u2019est elle qui m\u2019a fait comprendre\u00a0que le probl\u00e8me c\u2019\u00e9tait les sachets en plastique. Et aussit\u00f4t, je me suis dit qu\u2019elle avait raison\u00a0\u00bb<\/em>, raconte-t-elle \u00e0 Africa Women Experts.<\/p>\n<p>De l\u00e0, elle d\u00e9cide alors d\u2019utiliser des sacs en papier kraft pour ses livraisons. Mais, elle est contrainte de laisser tomber l\u2019id\u00e9e. Car chaque emballage papier lui revient 20 fois plus cher qu\u2019un sachet plastique. Ce qui r\u00e9duit consid\u00e9rablement sa marge de b\u00e9n\u00e9fices. C\u2019est ainsi qu\u2019elle fait le pari \u00ab\u00a0fou\u00a0\u00bb de cr\u00e9er elle-m\u00eame son papier pour fabriquer ses emballages.<\/p>\n<p><strong>Un pied \u00e0 l\u2019universit\u00e9 et un pied dans le business<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>Etudiante en communication \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 p\u00e9dagogique de Kinshasa, elle s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la chimie, une mati\u00e8re qui la passionne depuis ses ann\u00e9es de lyc\u00e9e. En plongeant dans ses anciens cahiers de chimie et suite \u00e0 des recherches, elle r\u00e9alise qu\u2019on peut fabriquer du papier \u00e0 base de cellulose. Une substance pr\u00e9sente dans les fibres de bananiers. \u00ab\u00a0<em>De nature, je suis \u00e9cologiste. Je me disais qu\u2019il me fallait trouver une mati\u00e8re premi\u00e8re abondante, pas trop ch\u00e8re, et qui ne contribue pas au changement climatique.\u00a0C\u2019est ainsi que j\u2019ai d\u00e9couvert que c\u2019est dans les bananiers qu\u2019on retrouve un taux de cellulose tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 par rapport aux autres v\u00e9g\u00e9taux. Dans un premier temps, j\u2019ai opt\u00e9 pour les bananiers\u00a0\u00bb,<\/em>nous explique \u2013t-elle.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 des amis chimistes, elle produit son premier prototype de papier issu d\u2019une formule qu\u2019elle a d\u00e9velopp\u00e9e. Elle le perfectionne ensuite, et finit par produire un papier hydrophobe, capable de r\u00e9sister \u00e0 l\u2019eau. Une premi\u00e8re en RDC, se r\u00e9jouit-elle.<\/p>\n<p>Si \u00e0 l\u2019origine de son exp\u00e9rimentation, son but est de r\u00e9pondre \u00e0 son propre besoin, elle d\u00e9cide ensuite d\u2019en faire une id\u00e9e de business. Car en RDC, d\u2019autres commer\u00e7ants sont but\u00e9s au m\u00eame probl\u00e8me d\u2019emballage papier qu\u2019elle. D\u00e9but 2020, elle cr\u00e9e alors la start-up Eco Plus et r\u00e9alise ainsi son r\u00eave de toujours\u00a0: entreprendre. <em>\u00ab\u00a0Je me suis lanc\u00e9e dans l\u2019entrepreneuriat en \u00e9tant \u00e9tudiante. J\u2019avais cette envie de devenir entrepreneure depuis. Je ne comptais pas travailler pour quelqu\u2019un. Je ne me voyais pas finir les \u00e9tudes et entrer au ch\u00f4mage, pour ensuite accuser le gouvernement. J\u2019avais donc un pied \u00e0 l\u2019universit\u00e9 et un pied dans le business\u00a0\u00bb, <\/em>souligne\u2013t-elle.<\/p>\n<p><strong>Financer sa start-up par des concours d\u2019entrepreneuriat<\/strong><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>A projet innovant, strat\u00e9gie innovante. Pour financer sa start-up, elle d\u00e9cide de participer aux concours et comp\u00e9titions d\u2019entreprenariat dans son pays, en Afrique et au niveau international. Une strat\u00e9gie inspir\u00e9e des entrepreneurs anglophones, dit-elle. <strong><em>\u00ab<\/em><\/strong><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><em>Je me suis dit que les concours mis \u00e0 la disposition des entrepreneurs sont une opportunit\u00e9 pour financer son projet. G\u00e9n\u00e9ralement, ce sont les Anglophones qui en b\u00e9n\u00e9ficient. Ils sont tr\u00e8s \u00e9veill\u00e9s. Si dans un concours, les Africains doivent participer \u00e0 10, vous verrez que 80% sont anglophones. J\u2019ai vu cette mentalit\u00e9 aupr\u00e8s des entrepreneures anglophones et je me suis dit pourquoi ne pas le faire\u00a0?\u00a0\u00bb, <\/em>confie-t-elle.<\/p>\n<p>En peu de temps, la jeune start-up congolaise participe \u00e0 une dizaine de concours et d\u00e9croche des subventions, des fonds et des r\u00e9compenses pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 30 000 euros\/dollars. Mais en plus des fonds, les comp\u00e9titions permettent \u00e0 la cheffe d\u2019entreprise de \u00ab\u00a0se<em>constituer un r\u00e9seau sur qui elle peut compter peu importe le probl\u00e8me et la situation\u00a0<\/em><em>\u00bb, <\/em>confie-t-elle<em>. \u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em>Depuis F\u00e9vrier 2022, Eco Plus est la seule entreprise dirig\u00e9e par une Africaine et une francophone \u00e0 prendre part au Programme Circular Economy financ\u00e9 par l\u2019Union Europ\u00e9enne. Aux c\u00f4t\u00e9s de 14 autres start-up de diff\u00e9rents pays, la start-up participera \u00e0 une formation de quatre mois et b\u00e9n\u00e9ficiera d\u2019une subvention.<\/p>\n<p><strong>Exporter les sacs papiers en Afrique et dans le monde<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>A c\u0153ur vaillant, rien d\u2019impossible\u00a0! Dans l\u2019avenir, Dorcas Mumbembe a l\u2019ambition de conqu\u00e9rir d\u2019autres march\u00e9s. Son r\u00eave est de commercialiser ses emballages en papier en Afrique Centrale, en Afrique et dans le monde.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, la start-up se concentre essentiellement sur la RDC. Elle offre de l\u2019emploi \u00e0 d\u2019autres jeunes Congolais. La plus grande fiert\u00e9 de l\u2019entrepreneuse. <em>\u00ab\u00a0Hier, j\u2019\u00e9tais demandeuse d\u2019emploi. Aujourd\u2019hui, j\u2019ai mon propre emploi et je peux en offrir \u00e0 d\u2019autres personnes\u00a0\u00bb<\/em>, se r\u00e9jouit-elle.<\/p>\n<p>Dans le pays, l\u2019entreprise lutte aussi contre les sacs plastiques. En 2021, elle a permis d\u2019\u00e9pargner 20 000 sacs plastiques gr\u00e2ce \u00e0 ses emballages en papier, notamment dans l\u2019agroalimentaire, la mode, l\u2019industrie, les grandes surfaces\u2026<\/p>\n<p>Pour l\u2019entrepreneuse, l\u2019impact d\u2019Eco Plus reste encore limit\u00e9, mais un long chemin a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 parcouru. Et l\u2019avenir s\u2019annonce prometteur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Danielle Engolo <\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cr\u00e9ative, innovante, Dorcas Mumbembe fabrique des emballages papiers \u00e0 partir de fibres de bananiers. 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