{"id":2980,"date":"2022-02-24T10:39:59","date_gmt":"2022-02-24T09:39:59","guid":{"rendered":"http:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/?p=2980"},"modified":"2022-02-25T12:20:38","modified_gmt":"2022-02-25T11:20:38","slug":"cap-vert-sara-de-jesus-santos-baptista-dinfirmiere-a-chercheuse-en-sciences-de-la-vie","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/2022\/02\/cap-vert-sara-de-jesus-santos-baptista-dinfirmiere-a-chercheuse-en-sciences-de-la-vie\/","title":{"rendered":"Cap-Vert : Sara De Jesus Santos Baptista, d\u2019infirmi\u00e8re \u00e0 chercheuse en sciences de la vie"},"content":{"rendered":"<p><strong>Doctorante en Sciences de la vie \u00e0 l\u2019Institut de M\u00e9decine mol\u00e9culaire &#8211; Jo\u00e3o Lobo Antunes \u00e0 Lisbonne au Portugal, Sara de Jesus Santos Baptista \u00e9tudie les r\u00e9actions des cellules du foie humain aux prot\u00e9ines du paludisme dans le stade initial de la maladie. De 2017 \u00e0 2019, elle a \u00e9t\u00e9 ambassadrice du Next Einstein Forum pour le Cap Vert. <\/strong><\/p>\n<p>Sara Baptista aime les d\u00e9fis. Elle ne s\u2019en cache pas. Quand on lui demande qui elle est, sa r\u00e9ponse ne se fait pas attendre. <em>\u00ab\u00a0Je suis une personne qui aime de nouveaux d\u00e9fis\u00a0\u00bb<\/em>, r\u00e9pond-elle \u00e0 Africa Women Experts. Un matin de 2015, elle quitte tout : 14 ann\u00e9es de carri\u00e8re comme infirmi\u00e8re, un emploi s\u00fbr et \u00e0 vie\u2026pour <em>\u00ab\u00a0devenir \u00e9tudiante\u00a0\u00bb<\/em>, raconte-t-elle sur un ton ironique. <em>\u00ab\u00a0Je me suis dit\u00a0: Sara, tu as presque 40 ans. C&rsquo;est le moment parfait pour toi de faire quelque chose de grand\u00a0\u00bb<\/em>, ajoute-t-elle avec humour.<\/p>\n<p>Il lui aura certes fallu plus d\u2019une d\u00e9cennie pour faire ce saut, nous explique-t-elle, mais cette qu\u00eate de challenge durait depuis ses premi\u00e8res ann\u00e9es d\u2019infirmi\u00e8re. C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui aura pouss\u00e9 la Cap-verdienne \u00e0 suivre en parall\u00e8le \u00e0 son travail, deux masters, notamment en \u00ab\u00a0sant\u00e9 publique\u00a0\u00bb en 2008 et en\u00a0\u00ab\u00a0infection VIH\/Sida\u00a0\u00bb en 2011.<\/p>\n<p>Dipl\u00f4m\u00e9e d\u2019une licence d\u2019infirmi\u00e8re \u00e0 la fin des ann\u00e9es 90, elle entame sa carri\u00e8re dans un h\u00f4pital p\u00e9diatrique de Lisbonne en 2001. Un travail passionnant, puisqu\u2019elle c\u00f4toie chaque jour des enfants. Mais elle n\u2019y voit aucune perspective d\u2019avenir. En qu\u00eate d\u2019opportunit\u00e9s depuis des ann\u00e9es, elle tombe en 2015 sur un programme de bourse du gouvernement portugais pour des \u00e9tudes de sciences destin\u00e9 aux Portugais d\u2019origine africaine, peu importe le domaine d\u2019\u00e9tudes. Pour elle, c\u2019est le s\u00e9same qu\u2019elle cherchait depuis. Ayant postul\u00e9, elle est finalement admise pour un Doctorat en sciences de la vie. Un domaine qui ne lui est certes familier, mais qui ne lui fait pas du tout peur. <em>\u00ab\u00a0Lorsque j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de quitter mon emploi, je me suis dit qu&rsquo;il me fallait quelque chose de vraiment stimulant. Et, faire un doctorat en sciences de la vie \u00e9tait un v\u00e9ritable d\u00e9fi. Je pense que je suis la preuve vivante que c\u2019est possible, car ce n&rsquo;\u00e9tait pas du tout ce que j\u2019avais \u00e9tudi\u00e9 auparavant\u00a0\u00bb,\u00a0<\/em>confie-t-elle.<\/p>\n<p><strong>Comprendre les r\u00e9actions du foie humain aux prot\u00e9ines du paludisme<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>Durant les premiers mois, elle d\u00e9couvre avec d\u2019autres chercheurs de l\u2019Angola, Sao-Tom\u00e9, Mozambique le domaine de la biologie g\u00e9n\u00e9rale, la biologie marine, la biologie des maladies, la terminologie du domaine, le mat\u00e9riel \u2026 <em>\u00ab\u00a0<\/em><em>Je fais de la biologie fondamentale, des choses que je n&rsquo;aurais jamais pens\u00e9 faire, des choses que je ne voyais que dans des films\u00a0\u00bb, <\/em>dit-elle amus\u00e9e.<\/p>\n<p>Elle d\u00e9cide par la suite de focaliser ses recherches sur le paludisme, car c\u2019est encore aujourd\u2019hui l\u2019une des maladies les plus r\u00e9pandues en Afrique. <em>\u00ab\u00a0<\/em><em>J&rsquo;ai choisi le paludisme parce que j&rsquo;ai toujours voulu \u00e9tudier les interactions entre les h\u00f4tes et les pathog\u00e8nes. J&rsquo;aime vraiment tout ce qui est li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;humain et au pathog\u00e8ne\u00bb, ajoute-t-elle. <\/em><\/p>\n<p>Au sein du Laboratoire du Dr Maria Mota, connu pour ses recherches sur le paludisme, elle travaille sur la phase initiale de l\u2019infection au paludisme. Elle \u00e9tudie, notamment l\u2019interaction entre le foie humain et les prot\u00e9ines du plasmodium. <em>\u00ab\u00a0Quand vous avez le paludisme, vous avez d&rsquo;abord un stade qui se passe dans le foie. C&rsquo;est un stade de silence. Vous ne savez pas que vous \u00eates infect\u00e9. Vous n&rsquo;avez pas de sympt\u00f4mes. Le paludisme ne survient que lorsque le parasite p\u00e9n\u00e8tre dans le sang et infecte les globules rouges. C&rsquo;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que vous avez les sympt\u00f4mes. J&rsquo;\u00e9tudie la partie initiale\u00a0\u00bb, <\/em>explique \u2013t-elle. Une \u00e9tape importante qui permet de comprendre le trajet du parasite dans le corps humain et d\u2019en savoir plus sur la maladie pour aider les patients.<\/p>\n<p><strong>Engag\u00e9e pour les dons de moelle osseuse<\/strong><\/p>\n<p>En plus de son engagement dans la recherche scientifique, Sara Baptista est port\u00e9e sur l\u2019humain. Alors qu\u2019elle est infirmi\u00e8re, elle se fait conna\u00eetre pour son engagement pour les campagnes de dons de moelle osseuse aupr\u00e8s de la communaut\u00e9 africaine install\u00e9e au Portugal. En 2011, son unit\u00e9 m\u00e9dicale re\u00e7oit une fillette cap-verdienne atteinte d\u2019une maladie h\u00e9matologique et ayant d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment besoin d\u2019une greffe de moelle osseuse. N\u2019ayant aucun membre de sa famille compatible, elle passe plus de 6 mois dans sa chambre d\u2019h\u00f4pital \u00e0 Lisbonne, son \u00e9tat s\u2019empirant au fil du temps.<\/p>\n<p>Face \u00e0 la difficult\u00e9 de trouver un donneur compatible m\u00eame au sein du R\u00e9seau international de moelle osseuse dont fait partie le Portugal, Sara Baptista initie alors une campagne de dons de moelle osseuse aupr\u00e8s de la communaut\u00e9 africaine install\u00e9e au Portugal sur les r\u00e9seaux sociaux, \u00e0 la t\u00e9l\u00e9. Neuf mois apr\u00e8s, un donneur compatible est enfin trouv\u00e9. En 2013, la fillette malade est enfin transplant\u00e9e. <em>\u00ab\u00a0C&rsquo;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que je me suis dit que j&rsquo;ai fait ma part d&rsquo;infirmi\u00e8re. Je me suis dit qu&rsquo;il n&rsquo;y avait plus rien \u00e0 faire de plus pour moi. J&rsquo;ai fait quelque chose qui, pour moi, avait vraiment fait la diff\u00e9rence\u00a0\u00bb, confie-t-elle \u00e0 Africa Women Experts. <\/em><\/p>\n<p>Par la suite, elle lance d\u2019autres campagnes de dons de moelle osseuse pour d\u2019autres enfants accueillis au sein de son unit\u00e9 m\u00e9dicale, jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9part de l\u2019h\u00f4pital en 2015.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, Sara Baptista se consacre plut\u00f4t \u00e0 la recherche. Mais sa dimension humaine l\u2019habite toujours. Apr\u00e8s sa th\u00e8se, la Cap-verdienne ambitionne, non pas de faire de la recherche directe en laboratoire, mais plut\u00f4t d\u2019am\u00e9liorer la vie des gens par la science.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Danielle Engolo<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Doctorante en Sciences de la vie \u00e0 l\u2019Institut de M\u00e9decine mol\u00e9culaire &#8211; Jo\u00e3o Lobo Antunes \u00e0 Lisbonne au Portugal, Sara de Jesus Santos Baptista \u00e9tudie les r\u00e9actions des cellules du foie humain aux prot\u00e9ines du paludisme dans le stade initial de la maladie. 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