{"id":1330,"date":"2020-09-03T16:27:23","date_gmt":"2020-09-03T14:27:23","guid":{"rendered":"http:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/?p=1330"},"modified":"2020-09-03T16:29:27","modified_gmt":"2020-09-03T14:29:27","slug":"tunisie-racha-haffar-militante-contre-le-trafic-detres-humains","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/2020\/09\/tunisie-racha-haffar-militante-contre-le-trafic-detres-humains\/","title":{"rendered":"Tunisie : Racha Haffar, militante contre le trafic d\u2019\u00eatres humains"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Racha Haffar est une militante tunisienne engag\u00e9e dans la lutte contre le trafic d\u2019\u00eatres humains et l\u2019esclavage moderne.&nbsp;Ayant \u00e9chapp\u00e9 de justesse \u00e0 un r\u00e9seau de trafiquants de jeunes filles \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 18 ans, elle fonde en 2016 \u00ab&nbsp;Not 4 Trade&nbsp;\u00bb, une ONG qui milite contre le trafic d\u2019\u00eatres humains en Tunisie.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A 31 ans, Racha Haffar est une activiste tunisienne impliqu\u00e9e dans la lutte contre le trafic humain, l\u2019esclavage sexuel, le travail forc\u00e9, l\u2019exploitation sexuelle. Son engagement lui a d\u2019ailleurs valu plusieurs r\u00e9compenses, notamment le Women\u2019s Rights Award de l\u2019Association des Nations unies, le \u00ab&nbsp;Leadership Award&nbsp;\u00bb de l\u2019Universit\u00e9 de Kentucky et un prix de la Fondation Thomson Reuters<strong>.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour la Tunisienne, la lutte contre le trafic humain est un \u00ab&nbsp;<em>devoir personnel et une mission de vie&nbsp;<\/em>\u00bb. Tout commence \u00e0 ses 18 ans, quand, apr\u00e8s avoir obtenu une bourse d\u2019\u00e9tudes pour l\u2019Angleterre, elle d\u00e9cide de chercher en ligne un travail comme babysitter.&nbsp;&nbsp;Apr\u00e8s avoir contact\u00e9 plusieurs familles en Angleterre, qui lui font miroiter le bonheur qui l\u2019attend, elle se rend compte que ces derni\u00e8res sont r\u00e9ticentes \u00e0 vouloir communiquer par vid\u00e9o. Ayant insist\u00e9 pour avoir une photo d\u2019une famille, celle-ci lui envoie une fausse photo. Tr\u00e8s vigilante, elle fait des recherches en ligne. C\u2019est alors qu\u2019elle r\u00e9alise que c\u2019est de cette mani\u00e8re que plusieurs personnes trafiquaient des filles \u00e0 des fins d\u2019exploitation \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Elle laisse tomber la bourse et \u00e9tudie finalement en Tunisie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Des ann\u00e9es plus tard, lors d\u2019un voyage en Italie dans le cadre de son double master en relations internationales et d\u00e9veloppement international entre les universit\u00e9s de Tunis et Palermo en Italie, elle fait la rencontre d&rsquo;une survivante nig\u00e9riane victime d\u2019exploitation sexuelle pendant plusieurs ann\u00e9es qui lui raconte son histoire. Elle d\u00e9cide donc de consacrer son m\u00e9moire de master au \u00ab&nbsp;trafic des femmes dans la Tunisie post-r\u00e9volution&nbsp;\u00bb, et d\u00e9couvre par la m\u00eame occasion qu\u2019il n\u2019existe pas d\u2019ONG locale luttant contre ce ph\u00e9nom\u00e8ne en Tunisie.&nbsp;<em>\u00ab Cela m\u2019a fait sentir la responsabilit\u00e9 de fonder la premi\u00e8re organisation \u00e0 but non lucratif en Tunisie sp\u00e9cialis\u00e9e dans la traite&nbsp;\u00bb<\/em>, nous confie-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Not 4 Trade&nbsp;\u00bb, un combat en faveur des migrants, des femmes, des jeunes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En 2016, \u00e0 26 ans, elle fonde \u00ab&nbsp;Not 4 Trade&nbsp;\u00bb. L\u2019ONG travaille, notamment sur des partenariats pour la pr\u00e9vention contre le trafic d\u2019\u00eatres humains par l\u2019\u00e9ducation, la formation, le renforcement des capacit\u00e9s\u2026 de la soci\u00e9t\u00e9 civile, des m\u00e9dias, des jeunes leaders. Elle \u0153uvre en outre en faveur des migrants subsahariens victimes de traite en Tunisie en s\u2019activant pour changer les situations qui les rendent vuln\u00e9rables \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne. L\u2019ONG s\u2019engage aussi en faveur des femmes pour les prot\u00e9ger contre le trafic humain en les \u00e9duquant, notamment.&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;J&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 qu\u2019\u00e0 mes 18 ans, j\u2019aurais pu \u00eatre victime de ces trafiquants, mais j&rsquo;ai eu le privil\u00e8ge d\u2019avoir acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;information, \u00e0 Internet. J&rsquo;avais donc un moyen de m&rsquo;en sortir, avant de tomber dans ce pi\u00e8ge. Mais d&rsquo;autres filles sont dup\u00e9es parce qu&rsquo;elles ont besoin de trouver des moyens de vivre et ces trafiquants abusent de cette vuln\u00e9rabilit\u00e9&nbsp;\u00bb<\/em>, nous explique-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p>En quatre ans d\u2019activit\u00e9s, l\u2019ONG a fait face \u00e0 de nombreux obstacles, entre autres, l\u2019exclusion, le manque de financement&#8230;&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Il n&rsquo;y avait pas de financement. J&rsquo;ai parl\u00e9 \u00e0 tous les bailleurs de fonds en Tunisie et j&rsquo;ai eu des promesses, puis les gens se sont d\u00e9sist\u00e9s. C\u2019\u00e9tait vraiment difficile, mais cela ne m\u2019a pas arr\u00eat\u00e9. Aujourd\u2019hui encore, je fonctionne sans buget&nbsp;\u00bb<\/em>, nous explique-t-elle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9pit de ces d\u00e9fis, l\u2019ONG compte poursuivre son combat, en lan\u00e7ant prochainement une initiative baptis\u00e9e \u00ab&nbsp;Youth Against Slavery Movement&nbsp;\u00bb. Ce nouveau projet vise \u00e0 cr\u00e9er une nouvelle vague de jeunes militants engag\u00e9s pour travailler sur la traite, mais avec un nouveau regard qui consiste \u00e0 s\u2019attaquer \u00e0 ses causes profondes. Son ambition est de changer le r\u00e9cit autour de la traite des \u00eatres humains et de l&rsquo;esclavage moderne et veiller \u00e0 int\u00e9grer les jeunes au c\u0153ur de tous les processus, pour que leurs voix soient entendues et que leur travail dans la lutte contre la traite soit reconnu.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Racha Haffar est une militante tunisienne engag\u00e9e dans la lutte contre le trafic d\u2019\u00eatres humains et l\u2019esclavage moderne.&nbsp;Ayant \u00e9chapp\u00e9 de justesse \u00e0 un r\u00e9seau de trafiquants de jeunes filles \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 18 ans, elle fonde en 2016 \u00ab&nbsp;Not 4 Trade&nbsp;\u00bb, une ONG qui milite contre le trafic d\u2019\u00eatres humains en Tunisie. 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