{"id":1150,"date":"2020-05-29T19:33:42","date_gmt":"2020-05-29T17:33:42","guid":{"rendered":"http:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/?p=1150"},"modified":"2020-05-29T19:33:42","modified_gmt":"2020-05-29T17:33:42","slug":"au-kenya-lorna-rutto-recycle-le-plastique-en-materiaux-de-construction","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/africawomenexperts.com\/lng\/fr\/2020\/05\/au-kenya-lorna-rutto-recycle-le-plastique-en-materiaux-de-construction\/","title":{"rendered":"Au Kenya, Lorna Rutto recycle le plastique en mat\u00e9riaux de construction"},"content":{"rendered":"<p><strong>Quand Lorna Rutto quitte son poste de banqui\u00e8re en 2009, son entourage la croit folle. Bien pay\u00e9e, elle ne se sent pourtant pas \u00e0 sa place. Elle d\u00e9cide de laisser son bureau confortable pour c\u00f4toyer plut\u00f4t les poubelles\u00a0et d\u00e9charges de Nairobi o\u00f9 elle ramasse les d\u00e9chets plastiques qu\u2019elle recycle en mat\u00e9riaux de construction. En dix ans, son entreprise, Ecopost, a recycl\u00e9 des millions de tonnes de d\u00e9chets au Kenya et contribu\u00e9 \u00e0 lutter contre la d\u00e9forestation dans le pays.<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est en 1984 que Lorna Lutto voit le jour. Elle passe toute son enfance et son adolescence dans un bidonville du Kenya o\u00f9 pollution, probl\u00e8mes de gestion des d\u00e9chets, les eaux us\u00e9es, les odeurs des \u00e9go\u00fbts\u2026sont le lot des habitants. C\u2019est \u00e0 peine que les services de ramassage d\u2019ordures passent dans le quartier. Tr\u00e8s jeune, la jeune Kenyane est embarrass\u00e9e par cette situation et veut changer les choses. Elle collecte des ordures en plastique qu\u2019elle fond et en fait des ornements qu\u2019elle vend \u00e0 ses camarades, pour se faire de l\u2019argent. <em>\u00ab\u00a0Ce n\u2019\u00e9tait pas tellement les boucles que je confectionnais qui m\u2019int\u00e9ressaient, mais je voulais juste me d\u00e9barrasser de tout ce plastique\u00a0\u00bb, <\/em>confie-t-elle \u00e0 Cartier women\u2019s initiative.<\/p>\n<p>Vivant dans un quartier d\u00e9favoris\u00e9, avec d\u2019\u00e9normes soucis \u00e9conomiques, elle opte pour des \u00e9tudes en comptabilit\u00e9, pour am\u00e9liorer sa situation. Apr\u00e8s une licence en \u00ab\u00a0Finance et comptabilit\u00e9\u00a0\u00bb, elle est aussit\u00f4t embauch\u00e9e en 2008 au sein d\u2019Imp\u00e9rial Bank, l\u2019une des plus grandes banques du Kenya. Mais ce qui avait \u00e9t\u00e9 toujours son r\u00eave ne parvient pas \u00e0 la combler. Malgr\u00e9 le confort et un tr\u00e8s bon salaire, elle d\u00e9cide de quitter deux ans plus tard, son poste, car le travail qu\u2019elle fait ne lui permet pas d\u2019impacter le monde qui l\u2019entoure. <em>\u00ab\u00a0Il y\u2019avait quelque chose qui sonnait faux. Je sentais au fond de moi que la banque ne comblait pas vraiment mon <\/em>besoin. <em>Je devais trouver un domaine o\u00f9 mon travail faisait changer les choses. Aujourd\u2019hui, avec les d\u00e9chets c\u2019est diff\u00e9rent. Vous savez les d\u00e9chets eux ne font pas la diff\u00e9rence entre riches et pauvres \u00bb,<\/em> confie-t-elle \u00e0 Canal +.<\/p>\n<p><strong>Ecopost\u00a0: 30 tonnes de d\u00e9chets transform\u00e9s par mois<\/strong><\/p>\n<p>En 2009, avec des \u00e9conomies d\u2019un peu plus de 5000 dollars, de l\u2019argent qu\u2019elle avait pu \u00e9pargner en ayant particip\u00e9 \u00e0 un concours de r\u00e9daction baptis\u00e9 Enablis Business Award, elle d\u00e9cide de faire un saut dans l\u2019entreprenariat, avec pour d\u00e9fi de changer la soci\u00e9t\u00e9. Avec un jeune ing\u00e9nieur biochimiste et passionn\u00e9 d\u2019environnement qu\u2019elle a rencontr\u00e9 dans son ancien travail, elle se lance dans l\u2019aventure et cr\u00e9e Ecopost, qui transforme les d\u00e9chets plastiques en mat\u00e9riaux de construction.<\/p>\n<p>Tout au d\u00e9but, la petite usine transforme 5 tonnes de d\u00e9chets plastiques par mois. Mais avec le temps, cette capacit\u00e9 va vite \u00eatre augment\u00e9e, puisque le pays produit 100 000 tonnes de d\u00e9chets par jour, dont 20% de d\u00e9chets plastiques. Aujourd\u2019hui, Ecopost ach\u00e8te chaque mois 30 tonnes de d\u00e9chets qui sont tri\u00e9s et ensuite transform\u00e9s en mat\u00e9riaux de construction qui peuvent \u00eatre utilis\u00e9s pour construire des cl\u00f4tures, des maisons, des panneaux de signalisation\u2026 en lieu et place du bois et du fer, r\u00e9duisant ainsi l\u2019abattage d\u2019arbres. L\u2019entreprise aurait recycl\u00e9 depuis sa cr\u00e9ation 3,5 millions de kilos de d\u00e9chets plastiques, ce qui aurait permis non seulement de lutter contre la d\u00e9forestation grandissante dans le pays, mais aussi de recycler les d\u00e9chets plastiques. En 2010, Lorna Rutto a \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9e du Cartier Women\u2019s Initiative Awards pour son projet.<\/p>\n<p>Si en 2015, l\u2019entreprise a pu faire un chiffre d\u2019affaires de 65 millions de FCFA (100 milles euros), le chemin vers la r\u00e9ussite n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 si facile. Apr\u00e8s avoir ouvert son usine en 2009, la jeune entrepreneure a \u00e9t\u00e9 vite confront\u00e9e \u00e0 la difficult\u00e9 de payer ses ouvriers. \u00ab\u00a0<em>On se battait pour faire marcher l\u2019usine parce qu\u2019on n\u2019avait pas de fonds de roulement. C\u2019\u00e9tait dur de travailler et de savoir que je n\u2019avais pas d\u2019argent pour payer les ouvriers. J\u2019empruntais au maximum, car sinon \u00e7a allait entrainer une \u00e9meute\u00a0<\/em>\u00bb, confie-t-elle \u00e0 Canal+. Elle a d\u00fb \u00e9galement s\u2019imposer dans un milieu masculin. <em>\u00ab\u00a0Certaines personnes me critiquaient et me demandaient ce que je faisais l\u00e0 et pourquoi j\u2019avais quitt\u00e9 mon travail qui payait bien\u00a0\u00bb<\/em>, souligne-t-elle \u00e0 NTV Kenya. Malgr\u00e9 ces obstacles, Ecopost aurait cr\u00e9\u00e9 \u00e0 ce jour, plus de 50 emplois directs et 2000 emplois indirects pour les personnes vivant dans des communaut\u00e9s marginalis\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand Lorna Rutto quitte son poste de banqui\u00e8re en 2009, son entourage la croit folle. Bien pay\u00e9e, elle ne se sent pourtant pas \u00e0 sa place. Elle d\u00e9cide de laisser son bureau confortable pour c\u00f4toyer plut\u00f4t les poubelles\u00a0et d\u00e9charges de Nairobi o\u00f9 elle ramasse les d\u00e9chets plastiques qu\u2019elle recycle en mat\u00e9riaux de construction. 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